photographie prise à l'Atelier La Belle Estampe, à Bordeaux, dirigé par Robert Frélaut.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Plastique de Carmen Herrera Nolorve

 

Lorsqu’on observe dans son ensemble l’œuvre de la jeune artiste péruvienne Carmen Herrera Nolorve, ce qui nous apparaît en tout premier lieu, c’est la consistance de son travail, qui révèle non seulement des intérêts très concrets et un regard très particulier, mais aussi une recherche de recours formels qui s’adaptent de manière très précise à la vision du monde qu’elle offre au spectateur.  

Navigant à la limite de l’intime, l’œuvre de Carmen Herrera se maintient pourtant dans une zone qui la préserve de tout narcissisme ou de toute tendance à se confesser, et tout particulièrement car il se manifeste en elle un dialogue très intense avec la tradition picturale, qui s’y insère de manière purement intellectuelle. Parce que le moi qu’elle semble chercher, est le moi d’autrui, celui qui appartient à des êtres sans visage, mais aux existences bien concrètes, où nous pouvons parfois nous reconnaître. Avec des traits que je qualifierais d’expressionnistes, Carmen fait preuve à la fois de force et de délicatesse et surtout d’une grande capacité de suggestion et de profondeur poétique. Et même si elle a une excellente main pour le dessin et la construction de ses personnages, Carmen a choisi la gravure, qu’elle utilise de manière éclectique, – on peut trouver dans ses monotypes bas-relief, collage, aquarelle, aquatinte ou pointe sèche – afin de façonner son répertoire de personnages estompés, dans lequel transparaît avec lyrisme, un univers où le vide, la tristesse, la mélancolie et le mystère, mais aussi la sérénité trouvent leur place.     

 

Piedad Bonnett. (Ecrivain Colombienne)

Traduit par Nayrouz Zaitouni

 

 

 

 

 

La plástica de Carmen Herrera Nolorve

 

 

 

Cuando se observa en su conjunto la obra de la joven artista peruana Carmen Herrera Nolorve, lo primero que se evidencia es la consistencia de su quehacer, que revela no sólo unos intereses muy concretos, una mirada muy particular, sino una búsqueda de recursos formales que se adecuan en forma muy certera a la visión de mundo que ofrece al espectador.

Moviéndose en los límites de lo íntimo, la obra de Carmen Herrera, se mantiene, sin embargo, en un límite que la salva de cualquier narcisismo o tendencia  confesional, entre otras cosas porque en ella es patente un diálogo muy fuerte con la tradición pictórica, en la que se inserta de forma ciertamente intelectual. Y porque el yo que parece buscar es el yo de los otros, de seres sin rostro pero con existencias muy concretas, entre los cuales también quedamos nosotros incluidos. Con trazos que yo calificaría de expresionistas, Carmen muestra a la vez fuerza y delicadeza, y una gran capacidad de sugerencia y de hondura poética. A pesar de que su trazo la revela como una excelente dibujante, Carmen ha escogido el grabado, que usa de una manera ecléctica,  - en sus monotipos, hay presencia del intaglio, del collage, de la acuarela, la aguatinta, la punta seca- para plasmar su repertorio de personajes desdibujados, en el que asoma, con lirismo, un universo donde el vacío, la tristeza, la melancolía y el misterio, pero también la serenidad, tienen su asiento.

 

  

Piedad Bonnett. Escritora colombiana.